Et chaque jour, le participant à l'UTMB dit bonjour
Après trois jours d'état d'exception culinaire, il était temps de quitter Chamonix, et plus généralement la France. Je prévoyaient quatre jours supplémentaires jusqu'à Martigny....


Publié: 09.09.2022
Nouveau jour, nouvelle chance. Après un merveilleux lever de soleil sur la vallée du Rhône, j'ai eu la descente uniquement pour moi. Et c'était une bonne chose, car le sentier était rocailleux et, avec tout l'équipement, extrêmement épuisant. Donc exactement ce qu'il fallait pour se réveiller. Je suis donc descendu en sautant par-dessus les branches et les pierres pour ensuite atteindre un contre-pente menant au magnifique Lac de Champex. Un autre endroit où j'aurais aimé passer plus de temps, mais le matin à neuf heures, par beau temps, il n'est pas vraiment logique de terminer la journée de randonnée.
J'ai donc continué, sur de jolis sentiers fluides jusqu'à Orsières. Cela a été ma prochaine étape atteinte - j'avais ainsi réussi à terminer le Tour du Mont Blanc. Je suis donc redevenu mon propre itinéraire. Et je me suis tout de suite retrouvé dans un dilemme. Lors des premières étapes depuis Chamonix, j'avançais bien. C'était plus rapide que prévu. Le prochain camping prévu de manière optimiste n'était pas loin. Mais j'étais aussi sceptique, car il semblait qu'il n'y aurait pas d'eau à une distance raisonnable. L'alternative aurait été de continuer directement jusqu'au camping de Champsec. Alors, je pourrais terminer la randonnée en trois jours au lieu de quatre. Mais chaque étape aurait environ 2000 mètres de dénivelé. Un bon ratio pour la journée. Mais après un peu moins de la moitié, je me sentais bien et prêt pour cela.
Alors c'est parti. Aujourd'hui encore, 1600 mètres de dénivelé à travers le Mont Brulé jusqu'au Col de Mille, puis autant de descente sur un sentier épique. On ne se fait pas plaisir autrement. En cas d'urgence, il y avait une cabane en haut. L'ascension était laborieuse, d'abord au soleil brûlant sur la route, puis les derniers 600 mètres de dénivelé en poussant jusqu'au sommet. Mais vers 15 heures, c'était fait, et je me tenais là-haut, assez épuisé. Je n'avais plus beaucoup d'énergie, mais ça devrait suffire pour la descente. D'autant plus que la cabane Col de Mille n'avait effectivement pas de gâteau. Où trouve-t-on ça ? Je ne veux alors même pas rester.
Le sentier fut un autre point culminant d'une dimension épique. Pour mon état déjà fatigué, quelques contre-pentes en moins auraient pu faire l'affaire. Mais le package global était correct, et malgré l'épuisement, la descente était vraiment amusante. Je suis presque directement arrivé au camping déjà bien connu à Champsec. Abordable, simple et bien situé, cet endroit. Mais il n'y avait aucune possibilité de restauration à moins de 200 mètres de dénivelé. J'en suis donc resté à mes repas déshydratés aujourd'hui. Maintenant, il ne me restait effectivement qu'une étape jusqu'à Martigny. Mais elle promettait d'être intense.
