L'aéroport est pour moi un chaudron d'histoires de Loriot. Vraiment, nulle part ailleurs la combinaison d'excitation, d'angoisse, d'incertitude et de stress temporel ne m'offre autant de potentiel pour des histoires et des sourires en coin.
L'enfant qui appelle à haute voix dans le couloir séparé par des murs en verre : 'Maman, ce serait tellement drôle si nous courions nus ici.' (Maman n'est pas ravie, mais les autres voyageurs autour de nous ne semblent pas vraiment rebutés par l'expression de leurs visages). Je cherche sur Google dans quels aéroports on pourrait passer le temps d'attente dans un sauna et découvre qu'Amsterdam a une bibliothèque d'aéroport.
La femme qui veut faire prendre un verre à son mari pendant plus de 10 minutes ('Veux-tu quelque chose à boire ?' 'Non.' 'Une bière peut-être ?' 'Non.' ... 'Il y a aussi du cola ?' 'Non.' ... 'On a déjà eu du café'... silence... 'Ou veux-tu encore un ?' 'Non.' ... 'Dois-je remplir l'eau ou en acheter une ?'). Je me lève et m'en vais avant de pouvoir crier 'Il veut juste s'asseoir ici !'
La femme qui fait sursauter bruyamment sa amie (et tous les autres présents) en se lavant les mains aux toilettes avec un cri très fort. Il s'avère que c'était un cri de joie. Elle a retrouvé son gloss à lèvres. Je me demande si je ne savoure pas encore assez les petites choses de la vie.
Si l'on fait attention, on trouve déjà en seulement 90 minutes à l'aéroport suffisamment de matière à raconter et je ne suis même pas encore en route pour Hanoï. D'ailleurs, c'est là que je m'envole. Bien que je manque l'occasion d'un mariage spontané le 25.05. (voir photo), parfois il faut établir des priorités et, quand une porte se ferme, une autre s'ouvre, ou quelque chose comme ça.
Établir des priorités est également utile lors de la préparation des bagages. Tout comme dans la vie, il faut parfois se débarrasser de poids superflus, il vaut la peine de garder son bagage à main un peu plus léger, sans oublier l'essentiel. Pourtant, certaines choses peuvent aussi rester, je reste dans l'ensemble à ma liste de colisage (brosse à dents & serviette, bouchons d'oreilles & écouteurs, corde & libellule, passeport & provisions) et je ne réduis qu'un ami en peluche, convaincu qu'il y en aura suffisamment d'autres. De plus, les grenouilles vertes (désolé Maman) ont été remplacées par une pomme. Est-ce que c'est ça grandir ?