Pipe de la paix et hache de guerre
Le week-end dernier, j'ai préparé mon Grand Dodge Caravan et je suis parti vers le sud pour rendre visite aux Indiens Ktunaxa. Les Indiens ne se font plus appeler Canadiens...


Publié: 08.03.2020
Je l'appelle l'Oiseau à deux tons (son répertoire est limité à deux notes) et il annonce le printemps. Les jours s'allongent, les flocons de neige diminuent, le soleil brille plus souvent et fait fondre la glace sur la route. Pour moi, cela signifie moins de sueurs froides et plus de vitesse sur mon chemin de travail. Je commence même à apprécier les trajets nocturnes et je file à 100 km/h à travers des forêts interminablement sombres. Parfois, les nuages laissent place au ciel et la pâle lumière de la lune aide mes phares vieillissants à éclairer la route. De mes haut-parleurs résonne la musique de mon unique CD Celtic Myst et Nomen est Omen, car les chansons sont vraiment mystiquement kitsch. La tête est vide et mon cœur grand ouvert. La seule chose qui trouble ma paix intérieure ce sont les idiots qui viennent vers moi avec les feux de route allumés. Après quelques injures, je replonge dans ma satisfaction infinie et roule en méditant vers mon lit. Pour parfaire mon bonheur nocturne, je me rendrai à l'Indien au turban à la station-service pour acheter une tablette de chocolat. Je ne la partage jamais.
La route nocturne est comme la vie. Bien qu'on ne voie que 50 mètres (avec ma Dodge, c'est plutôt 30 mètres), on fait confiance au fait qu'il y a une route qui continue. Et ainsi, on suit en klaxonnant la ligne médiane vers l'inconnu en se réjouissant pour le chocolat.
