Tous ceux dans ma chambre sont des couche-tard. Cela me profite aujourd'hui. À 8 heures, je pars. Sans petit-déjeuner, car le bar n'ouvre qu'à 8h30. Un peu plus loin, je peux néanmoins prendre un café à l'auberge 'Vagabond', que le hospitalero me montre rapidement. Il n'a que 4 lits, mais tout est très neuf et propre et se termine par un petit dîner en commun. Très recommandé, mais réservation obligatoire.
Je fais les premiers kilomètres le long de la route peu fréquentée et le long de la rivière tumultueuse, à travers plusieurs petits villages. Dans l'un d'eux, je prends mon petit-déjeuner dans une boulangerie bien établie. Il y a relativement beaucoup de monde. Plus que ce que j'ai vu ces derniers jours. Bien nourri, je poursuis sur une légère pente. Un jogger avec un t-shirt plutôt cool me dépasse, que je recroise un peu plus tard, sur son chemin du retour, et je l'aborde. Je veux prendre une photo de son t-shirt. 'Ce fut un honneur de faire partie de ta solitude'.
À Las Herrerias, je bois encore un iced tea avant que les choses ne deviennent sérieuses. Ici, je rencontre, au moment où je voulais partir, quelques visages familiers, et je suis vraiment un peu stupéfait. Ils sont partis à 5h30 de Villafranca. Bien sûr le long de la route et non à travers la belle nature. Mais à cette heure-là, on ne voit de toute façon rien des alentours, car il fait tout noir. Eh bien... chacun fait comme il veut. Pour ma part, je veux voir où je suis, profiter de la nature et laisser les impressions m'envahir. Donc, avant que la foule n'arrive, je continue.
Après un peu plus d'un kilomètre, je m'éloigne enfin de la route. Un court tronçon le long de la rivière, accompagné de quelques chèvres et veaux. Mais ensuite, c'est la montée abrupte. Avec ma technique des bâtons, je suis plus rapide à la montée que la plupart de ceux qui peinent à grimper. Je déplace mon poids vers l'avant et cours beaucoup avec mes bras. Cela me permet de maintenir un rythme normal.
Au début, je suis en pleine forme et mon corps, surtout mes jambes, se portent très bien. Mais avec chaque mètre, cela devient plus difficile et quand ça devient vraiment boueux, je commence aussi à suer à grosses gouttes.
Après quelques kilomètres, un petit village est apparu que j'ai rapidement dépassé avec élan. Ici, j'ai croisé un des groupes de touristes qui avait pris le bus pour couvrir les premiers 20 km jusqu'ici, et le tronçon le plus raide, bien sûr. Même sans sac à dos lourd, c'était une épreuve pour eux de marcher sur ce chemin un peu plus raide, et je suis passé rapidement en me disant 'mangez ma poussière d'étoiles'.
Jusqu'ici, le chemin était principalement dans la forêt, et donc agréablement frais. Maintenant, le ciel s'est dégagé et il y avait de moins en moins d'ombre sur le chemin. Continuant sur une pente modérée avec des tronçons très raides de temps en temps. La vue devenait, comme hier, de plus en plus impressionnante à chaque mètre.
Après avoir franchi la frontière vers la Galice, la nature du chemin a changé et tout semblait tout à coup plus vert.
Entre-temps, le soleil frappait à nouveau fort. J'ai donc dû regarder deux fois lorsque soudain un cheval sellé est apparu, et il n'y avait pas de cavalier en vue. Je l'ai salué comme d'habitude avec un 'Buen Camino' et j'ai continué (je n'ai qu'une vidéo de cela et pas de photo). D'ailleurs, il n'y avait pas de cavalier jusqu'à la fin. Mais il avait probablement monté des pèlerins et connaissait son chemin vers la vallée.
J'entendais lentement de la musique de cornemuse au loin. L'instrument typique de la Galice. Après un moment, j'ai alors vu le joueur de cornemuse et j'étais arrivé à O Cebreiro. Un tout petit village de montagne, en partie avec des maisons au toit de chaume.
Ici, autrefois, le prêtre de O Cebreiro avait peint des flèches jaunes dans la forêt avec des restes de peinture d'un chantier, marquant ainsi le chemin de Saint-Jacques pour les pèlerins. Interrogé par la police sur ce qu'il faisait, il a répondu : 'Je prépare une invasion'. Et en effet, le nombre de pèlerins est passé de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers. Aujourd'hui, la flèche jaune est présente sur tout le chemin de Saint-Jacques en
Espagne et me montre aussi le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Lorsque je descendais la rue après un café et un morceau de gâteau, me demandant si je devais rester ici ou continuer, Ryan s'est soudainement retrouvé devant moi. Il venait d'arriver en bus de Ponferrada et souhaite continuer à partir d'ici à partir de demain. Ainsi, ma décision, avec ce petit signe, est prise. Nous ne nous étions pas concertés et je ne savais pas à l'avance quels étaient ses plans.
Comme j'ai donc fait une étape relativement courte aujourd'hui, je vais essayer d'aller un peu plus loin demain et de devancer à nouveau la masse pour avoir ma tranquillité.
Coût de la journée :
Hébergement 10€ Petit-déjeuner 5€ Restauration pendant la journée 21€ Dîner ??