Des abricots et de pierres
Il y a presque 30 ans, j'ai eu ce rêve d'un pays plein de pierres, où, où qu'un goutte d'eau se trouve, la verdure explose littéralement. En 1995, j'ai trouvé ce pays de rêve à...


Publié: 31.05.2022








Mes journées sont remplies de joie. Avant-hier, j'ai pu accompagner Rangdröl à une cérémonie spéciale dans la maison de sa famille. C'était l'anniversaire d'un décès survenu exactement un an auparavant. Pour éliminer tous les obstacles pour la défunte et les vivants, douze nonnes et moines se sont rassemblés pour une cérémonie de longevité particulière.
Dès la veille, les ordonnés ont passé des heures à confectionner 1000 Tormas (offrandes en pâte d'orge et beurre), à préparer des coupelles d'offrande avec des grains d'orge et 1000 bâtons d'encens, ainsi que 1000 parasols et cravates en soie pour les disposer en un mandala. Tout au long de la journée, des prières devaient être récitées et le mandala complété par 1000 mantras.
Lors des pauses, j'ai eu l'occasion de mieux connaître l'une des nonnes. Sonam est le nom de cette merveilleuse femme gracieuse, qui possède les plus belles mains que j'ai jamais vues. Quand elle fait des mudras (gestes symboliques de la main) avec ses longs et fins doigts, c'est comme si des papillons dansaient.
Surprise et ravie, nous réalisons que nous avons le même professeur de refuge. J'apprends que Lama Jampa pourrait également venir à Ladakh cet été. Cela me réjouirait beaucoup. Après tout, j'avais de toute façon prévu de lui rendre visite. J'aimerais tellement le voir, même si Lama Jampa ne peut plus communiquer à cause d'un AVC.
Quoi qu'il en soit, Sonam et moi convenons de nous revoir absolument. Elle m'invite aussi à venir la visiter dans son monastère. J'ai absolument l'intention de le faire.
Il est déjà assez tard lorsque nous rentrons à Lamayuru. En chemin, j'admire encore une fois les 'plus grands bâtisseurs de routes du monde', qui malgré l'heure tardive, continuent à réparer les routes. Beaucoup de progrès a été réalisé en termes d'infrastructure à Ladakh. Les anciennes pistes caillouteuses et cahoteuses ont disparu. De grandes routes aménagées réduisent les temps de trajet. J'apprends de Rangdröl que le gouvernement indien investit des millions de roupies dans le développement, également pour faire face à la menace d'une part des voisins chinois, d'autre part des terroristes pakistanais. Il n'est pas surprenant qu'une station militaire apparaisse tous les quelques kilomètres au bord de la route.
En ce qui me concerne, la guerre en Ukraine comme les combats dans d'autres parties du monde me semblent désormais un peu éloignés. Après cette journée enrichissante, je suis simplement heureuse. Et si heureuse que je pourrais pleurer de joie.
À suivre...
