Transferts sans limites
Jour #65 Samedi, le 04.07. De Žabljak au Kamp Stark Dud Pays : Monténégro / Bosnie-Herzégovine Ce matin, ma première réalisation est que j'ai de la...


Publié: 09.07.2026












Jour #66
Dimanche, le 05.07.
De Kamp Stark Dud à quelque part juste avant Tušila
Pays : Bosnie-Herzégovine
La nuit a été froide, mais mon sac de couchage a bien fonctionné.
Comme hier soir, la tente est d'abord étalée au soleil.
Cette fois, pour qu'elle puisse sécher de la condensation, puis on prendra le petit déjeuner.
Après le départ, des courses s’imposent, heureusement qu'un petit magasin est ouvert et cela suffit pour un oignon, des pâtes fraîches et de l'eau.
Je modifie un peu l'itinéraire pour rester sur la route principale.
Ainsi, je gagne 300 mètres de dénivelé à gravir sur des graviers. De toute façon, la route rejoindra à un moment donné la même route.
Peut-être aurais-je pris une autre décision un jour de semaine, mais pour le dimanche, j'attends un trafic modéré et donc aussi de rester en vie.
Et pendant que je roule à travers la gorge, la vue sur la falaise me suffit pour profiter de la balade.
L'alternative aurait été d'être là-haut.
Et je devrai encore faire suffisamment de montées au cours de la journée, j'ai en outre l'information qu'il n'y aura presque pas d'asphalte.
Dans les tunnels creusés pour la route, j'allume la pleine lumière pour attirer l'attention sur moi par tous les moyens.
Je suis alors un peu surpris de voir devant moi une personne qui emprunte le chemin à pied.
Au début, je pense à un agriculteur ou quelque chose de similaire, mais c'est Angel.
un hippie du Mexique, en route pour un festival caché qui serait censé avoir lieu dans ces montagnes.
Une histoire intrigante de la famille arc-en-ciel, mais j'ai poliment décliné son offre de l'accompagner.
Je suis déjà en route depuis quelques semaines pour un festival qui me plaît.
Quand je m’arrête pour prendre une photo de la rivière, qui est maintenant bien en dessous de moi, un cycliste s'arrête et me demande si j'ai besoin d'aide.
Très gentil et cela me permet au moins d'avoir la confirmation d'un local que je vais dans la bonne direction.
Et ainsi, ça continue, maintenant effectivement de façon constante et éprouvante vers le haut.
Au début encore sur l'asphalte, ça va bientôt devenir des pierres lâches, des gravillons et de la boue.
Et c'est une route officielle, Sarajevo étant entre autres indiqué. Et le gravier me suivra tout au long de la journée, à quelques exceptions près, sous toutes ses formes.
À l'heure du déjeuner, quelques vaches passent tranquillement devant moi. Pour elles, pas de problème, toujours derrière la cloche qui retentit bruyamment au cou du boeuf.
Tout à fait différent est le type qui arrive peu après à vélo le long de la route, séparant rapidement son troupeau.
Dans le prochain village, je dois absolument profiter de l'occasion pour faire des courses dans le minuscule magasin.
Les choix sont ici très rares.
Une bikepackeuse suisse vient de l'autre direction, pendant que je range encore ma maigre récolte, et elle me dit que le couple français est devant moi.
Cela éveille un peu mon ambition, mais je dois continuer à suivre Beppo, la précipitation ne cause que du stress et aucune avancée.
Alors il y a d’abord encore une pause.
Manger apporte l'énergie nécessaire pour me déplacer quelque part.
Je monte sur des pistes en gravier, c'est fatigant, et je descends sur des pistes en gravier, c'est énervant.
Au lieu de faire du chemin, je suis occupé à freiner trop souvent.
En sachant qu'après le point le plus bas, il va directement remonter raide.
Mais c'est présomptueux de désirer un pont d'une montagne à l'autre, l'asphalte serait un bon début.
J'aurais aimé avoir terminé complètement la dernière montée, mais le soleil se couche déjà, et dans les montagnes, il n'y a pas de crépuscule.
Le soleil est là, puis le soleil n'est plus.
Heureusement, je trouve un endroit qui me plaît immédiatement.
Dans un virage, un ancien chemin part vers l'avant, à moitié caché par un arbre, que je peux suivre.
Après le prochain virage, je monte également ma tente sur le chemin.
Même 30 ans après la guerre, il y a encore de nombreuses mines terrestres en BiH et il faudra encore quelques années avant de pouvoir entrer dans les forêts en toute sécurité.
Le fait que je me prépare un dîner devient presque une habitude.
Les pâtes existent partout et sont une agréable alternative au pain quotidien.
Pour plus de précaution, je m'éloigne de mon emplacement de camp, afin que l'odeur de la nourriture soit plus éloignée.
Les aliments seront ensuite accrochés dans un arbre, car je me trouve très isolé dans les forêts.
Cela empêche également tout signal et c'est la première fois que je ne peux pas envoyer de message à Jenni pour lui dire que ça va bien.
Heureusement, nous en avons parlé auparavant, et elle est donc préparée à cette situation qui est très probablement sur le point d'arriver.
Plus tard, je me demande pourquoi j'ai fait si peu de kilomètres.
Un coup d'œil sur les mètres d'élévation que j'ai gravis est suffisamment explicite, s'ajoutent à cela les descentes lentes.
Pour la tente, je fais l'impasse sur le double toit, car je veux voir ce qui se passe à l'extérieur en cas de doute.
Ronfler serait aujourd'hui certainement pratique pour attirer l'attention sur moi et informer les animaux de ma présence à temps.
Mais à part quelques lucioles, je ne vois aucun animal.
Ça me va très bien et je finis donc par m'endormir paisiblement sous le ciel étoilé.
Chanson du jour :
Dubioza Kokektiv - No Escape from Balkan
