Nous étions le 27 juillet 2020, lorsque je suis parti en train pour l’un de mes plus beaux et meilleurs voyages en direction de la Slovénie. Sur une petite superficie, très densément compressée, on trouve dans ce pays agréable à parcourir et d’une beauté saisissante une variété de formes de paysage et des manifestations géographiques culturelles très différentes. Les formes de paysage commencent avec des régions montagneuses haut-alpines, en passant par de larges et de plus en plus étroites vallées fluviales jusqu’au paysage karstique aride, la côte influencée par la Méditerranée et les zones montagneuses boisées au centre du pays, qui s’étendent vers l’est pour finalement aboutir aux plaines pannoniques, tandis que les différentes manifestations géographiques humaines dépendent des influences politiques et historiques des siècles passés.
Le lundi 27 juillet, je suis parti à 7h58 avec l’EC 151 de la gare principale de Vienne en direction de Laibach, qui sera par la suite simplement appelée Ljubljana, donc. En direction de Ljubljana, mentionnée ici sous sa désignation officielle, comme tous les autres endroits slovènes qui seront mentionnés dans le récit d’images. Ljubljana, car il n’est plus possible de revenir sur l’histoire souvent tragique de l’Europe centrale au 20ème siècle, et je ne vois moi-même aucune raison de vouloir réviser cette histoire telle qu’elle s’est déroulée.
En tout cas, ce qui m’a passionné pendant le trajet, c’était le long arrêt de mon train à la gare frontalière steirienne de Spielfeld-Straß. Passionnant pour moi en tant qu’amateur de chemins de fer, car ici, dans cette gare de changement de système, on peut observer le changement de traction du système électrique à courant alternatif autrichien au système à courant continu slovène : avec une locomotive autrichienne couplée, le train entre dans la zone à courant continu de la gare, tandis que la locomotive slovène prête détache celle d’Autriche du train dès que celui-ci est arrêté dans la gare, et ensuite se retire dans la zone à courant alternatif de la gare pour être placée à l’avant du train.
Une motivation essentielle pour enfin entreprendre ce voyage a été, entre autres, le désir dormant depuis longtemps dans mon cœur passionné de chemin de fer, de parcourir l’ancienne ligne historique de la k.u.k. Südbahn qui, de Vienne via le Semmering vers Graz et au-delà de l’ancien Marbourg comme via Laibach et le karst slovène, mène à Trieste sur l’Adriatique, dans la mesure où cela est encore possible aujourd’hui.
En conséquence, la suite du trajet s’est révélée passionnante une fois que nous avions quitté la gare frontalière steirienne et le territoire autrichien. Avec une curiosité indescriptible, je contemplais le paysage qui défilait devant moi et pensais toujours avec fascination : Slovénie... - voilà à quoi ressemble la Slovénie. La Slovénie, qui a été jusqu’ici une « terra incognita » pour moi. Un pays qui n'est en réalité pas très éloigné de ma région d'origine et que j’ai longtemps considéré avec une distance intérieure inexplicable dans mon imagination symbolique. Comme une femme lointaine dans ma propre sensation, que l’on ne parvient pas à saisir mentalement, même si l’on fait abstraction de l'idéalisation embellie et de la pensée illusoire, de manière légendaire, elle reste très entourée de mystère et on n’oserait pas s’en approcher, même pas dans l’imaginaire et encore moins dans la réalité.
À 14h04, mon train, l’EC 151, a finalement atteint la capitale slovène. Très agréablement, la figure féminine qui m’était si longtemps apparue lointaine se présentait ici sous la forme de Ljubljana. Une première promenade dans la ville se fit le même après-midi. Une promenade après que j'eus, pour arriver intérieurement, passé environ 20 minutes dans ma chambre d'hôtel, puis pris le traditionnel espresso de l’après-midi accompagné de la Gibanica, spécialité slovène, dans un café au bord de la rivière Ljubljanica...